Sous-traitance industrielle, maintenance, construction, agroalimentaire (traiteurs, brasseries, biscuiteries…), métiers d’art et de la création… l’artisanat productif et industriel pèse de tout son poids dans l’écosystème francilien, avec près de 55 000 entreprises et 62 000 emplois salariés. Mais il est aujourd’hui menacé, faute de pouvoir se développer dans un tissu urbain particulièrement dense dans lequel les contraintes et les conflits d’usages sont exacerbés.
Et pourtant, l’économie peut-elle fonctionner sans ces activités ? « Tout le monde a besoin des artisans dans sa vie quotidienne, mais sans s’inquiéter de savoir ce dont ils ont besoin pour maintenir leur activité », souligne Francis Bussière, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat d’Ile-de-France, qui met en avant dans ce hors-série tout le potentiel pour l’Ile-de-France d’un artisanat productif, dynamique et innovant.
Car, poursuit Francis Bussière, « l’artisanat productif et industriel présente des opportunités de création de richesses et d’emplois sur leur territoire ».
« Les villes, renchérit dans ce magazine l’architecte Elizabeth de Portzamparc, ont tout intérêt à faire revenir ces activités en milieu urbain, autant pour la survie des savoir-faire artisanaux que pour l’animation qu’ils apportent. » A condition toutefois de leur donner les moyens de leurs ambitions.
En posant les enjeux et les contraintes rencontrés par ces métiers aussi divers que pointus, les pages qui suivent montrent aussi des initiatives qui fonctionnent, portées notamment par des élus locaux. Car si l’implication des acteurs privés pour concevoir des projets immobiliers adaptés aux besoins et capacités financières des artisans se révèle essentielle, la volonté politique joue aussi un rôle déterminant.